Edith et Richard, notre ressenti d’un fabuleux concert : l’accordéon virtuose . Eglise de Champéry 12 août 19h. Le Président du Festival International de Musique
prend la parole pour remercier les personnalités présentes et les auditeurs de tout pays
venus nombreux. Puis il laisse la parole à la Directrice du Festival, très sympathique, qui avec beaucoup d’humour signale la présence de nîmois dans la salle qui ont
amené avec eux un peu de canicule. Nous nous faisons tout petit. Elle a des mots
gentils pour Clémence et Jérémie qui saluent le public et s’installent. Quelques
retardataires s’assoient, l’église est pleine. Derrière nous, j’entends : » ah ! je croyais
que c’étaient des musiques de films. Mais il y a de l’accordéon, c’est pas plus mal ». Justement Clémence prend la parole pour les présenter et termine en précisant que
l’accordéon n’a rien de ringard. Et toc ! Dans l’église, des spectateurs avertis
approuvent. Le silence se fait. Jérémie accompagné de Clémence dans toutes les
œuvres, attaque l’ »ouverture du barbier de Séville », morceau entraînant qui résonne
dans l’excellente acoustique de l’église de forme pyramidale. Très applaudi. Puis
c’est l’intermezzo de « Cavaleria rusticana » de Pietro Mascagni. Le thème de cette
œuvre joué par l’accordéon nous émeut beaucoup. Avez-vous déjà dansé un tango endiablé dans une église ? C’est ce qui a failli nous
arrivé avec ce « Voyage de Vivaldi en Argentine » d’Astor Piazzola, bien revisité
avec beaucoup d’humour par nos amis virtuoses. Vous auriez dû voir les yeux
pétillants de malice de Jérémie ! Des murmures approbateurs et amusés fusaient dans
l’église. Puis après ce voyage c’est « Il padrino, La Strada », ensuite un « Nocturne
« extrait de six pièces d’Ottorino Respighi très beau. Puis « Il postino » , « le
postier » de Luis Bacalov où Pablo Neruda, en exil à Capri apprend la poésie au
facteur devenu un ami , qui peu cultivé, pourra ainsi dire son amour à la serveuse du
bar qu’il fréquente (le bar, plus tard la serveuse...). Jérémie se lève et explique les diversités de ses deux accordéons. Il pensait que celà
n’intéresserait pas trop les gens. Il a été détrompé car des questions lui ont était
posées. Le public était intéressé, surtout après avoir entendu le jeu de cet instrument
quelque peu désavoué. Enfin intervient « l’Hommage à Ennio Morricone » avec diverses œuvres. Dans
l’obscurité s’élève le son lancinant de l’harmonica d’ »il était une fois dans l’Ouest ». Le rendu Harmonica / accordéon est parfait. Après quelques morceaux, une très belle
voix de soprano, puissante s’élève. Les auditeurs, étonnés regardent à droite, à
gauche, vers le ciel en une muette interrogation. Eh bien, c’est Clémence accompagné
de son piano qui chante l’air du film à son tour. C’est prenant ! Edda Del’Orso ne
l’eût pas reniée...Clémence se lève, revient avec son violoncelle, s’installe. Un sourire, un hochement de tête. J’entends chuchoté : «quelle complicité !». L’association
accordéon / violoncelle est géniale. L’attaque et l’échange parfaits. Tout le public est
suspendu à leurs gestes. Nous entendons des murmures admiratifs : «mais comment
peuvent-ils jouer autant d’instruments ?» Eh oui !
Pour finir, c’est Giuseppe Verdi avec la «Fantaisie de concert sur les thèmes de la
Traviata» l’attaque des deux musiciens raisonne en une invitation à chanter le
«Libiamo» encouragé par Clémence. Le public se surprend à fredonner.
Entre chaque morceau, Clémence et Jérémie ont été applaudi, les auditeurs conquis se
levaient. A la fin du concert, c’est un public debout, conquis et enthousiaste qui les a
applaudit longuement. Un auditeur espagnol crie un «olé» retentissant. Qui a dit que
le Duo Nuances avait toujours le même public d’habitués ? Ici, à part nous, personne
ne les connaissait. Le public averti, venu de tout pays pourra dire :»En Suisse, cet été, nous avons écoutés deux virtuoses français...». Ils ont été bissé deux fois sous des
tonnerres d’applaudissements. De bonne grâce, ils ont rejoué des oeuvres, avec brio, comme s’ils n’étaient pas fatigués. La Directrice du Festival et le Président les ont chaleureusement remerciés. Le
Président a annoncé pour le lendemain le concert d’une jeune altiste néerlandaise, lauréate du prix Reine Christina. Un apéritif et un sympathique repas nous a réunis
pour continuer ce formidable moment.